Le prix du oui – ce que nos mots disent de nous
26 janvier 2026Le prix du oui n’est pas toujours visible au moment on l’on choisit.
Dire non n’est pas malpoli.
Ce qui est malpoli, c’est de dire oui quand on n’a pas envie.
Cette petite phrase, je l’ai tirée d’une boîte sur mon bureau où je stocke des dizaines de mots saisis au vol dans la rue, dans le train ou gré de mes lectures.
Longtemps, j’ai pensé le contraire. Je croyais en toute bonne foi que dire oui était une qualité, ainsi qu’un signe de politesse et de respect.
Je ne parle pas de ces moments où le oui s’impose – par contrat ou par élan du cœur – mais de notre propension à laisser surgir le oui sans réfléchir. Et je crois que nous avons pris cette habitude parce que dire oui est beaucoup plus facile que dire non.
Dire oui fait de nous une personne aimable.
Dire non peut susciter des questions.
Dire oui simplifie les échanges.
Dire non les complique parfois étrangement.
Dire oui pour ne pas faire de vagues apaise les situations, mais ce calme apparent s’obtient au prix d’un conflit intérieur et, parfois, de la sensation d’avoir trahi ses valeurs.
Dire oui quand on pense « non » n’est pas qu’une question de caractère ou de limites personnelles. C’est aussi une histoire de formulation : les mots qu’on emploie pour s’adapter ou pour éviter une tension ne finissent pas structurer notre comportement.
Au début, on se bricole des justifications : « ce n’est pas si grave », « je n’avais pas le choix » ou « je verrai plus tard ». Mais avec le temps, faire cohabiter ces deux vérités – ce que je pense et ce que je fais – crée une tension mentale qui dérègle notre boussole interne. Et si cela perturbe mon bien-être, peut-être est-il temps d’agir.
Pas par un grand non, courageux et définitif, mais en marquant un temps d’arrêt.
En prenant le temps de laisser notre réponse se former.
En demandant un délai, si nécessaire.
Et, parfois, en autorisant le non à exister – sans culpabilité.
Ecrire, c’est déjà choisir. – Albert Camus
PS : Cette réflexion est issue de ma newsletter La Parenthèse Inspirante, qui n’est pas habituellement publiée ici.
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